Histoire de la sculpture
La sculpture baroque, quand le marbre entre en scène
La sculpture baroque naît à Rome au début du XVIIe siècle. L'Église veut émouvoir les fidèles, les princes veulent éblouir. Les sculpteurs répondent par le mouvement, la torsion, l'instant dramatique. La statue ne se contente plus d'être belle : elle agit, elle raconte, elle met en scène.
Le Bernin, génie de la sculpture baroque
Gian Lorenzo Bernini, dit le Bernin, a à peine vingt-trois ans quand il sculpte L'Enlèvement de Proserpine, en 1621-1622. Pluton saisit la jeune fille, et ses doigts s'enfoncent dans la cuisse comme dans une chair véritable. Le marbre semble devenu souple.
Son David, un an plus tard, n'a rien du héros calme de Michel-Ange. Il est saisi en pleine torsion, lèvres pincées, au moment précis où il va lancer sa pierre.
Le théâtre de l'émotion
Dans la chapelle Cornaro, à Rome, le Bernin réalise L'Extase de sainte Thérèse entre 1647 et 1652. Un ange s'apprête à percer le cœur de la sainte, des rayons de bronze doré tombent du ciel, et une fenêtre cachée éclaire la scène. Sur les côtés, des membres de la famille Cornaro, sculptés dans des loges, regardent comme au théâtre.
Le baroque descend aussi dans la rue. La fontaine des Quatre-Fleuves, achevée en 1651 sur la place Navone, réunit le Nil, le Gange, le Danube et le Rio de la Plata autour d'un obélisque, dans un décor de rochers, d'eau et d'animaux.
La sculpture baroque en France
La France de Louis XIV préfère un baroque plus retenu, que l'on dit classique. À Versailles, Girardon sculpte Apollon servi par les nymphes pour la grotte de Thétis. Pierre Puget, Marseillais formé en Italie, ose davantage : son Milon de Crotone, au Louvre, montre l'athlète la main prise dans un tronc, dévoré par un lion, le visage tordu de douleur.
Apollon et Daphné, l'autre chef-d'œuvre du Bernin, est présenté sur la page des grandes périodes de la sculpture, qui poursuit l'histoire jusqu'à Rodin.




