Histoire de la sculpture
La sculpture romane, la Bible taillée dans la pierre
Après la chute de Rome, la grande sculpture de pierre disparaît presque d'Occident pendant des siècles. Elle renaît vers l'an mil, sur les façades et dans les cloîtres des églises. La sculpture romane n'est pas faite pour les musées : elle parle aux fidèles, à hauteur d'yeux ou au-dessus des portes, dans un langage d'images que tout le monde comprend.
Les grands tympans romans
Le tympan, c'est le demi-cercle de pierre au-dessus du portail. À Moissac, vers 1130, le Christ de l'Apocalypse trône entouré des quatre évangélistes et de vingt-quatre vieillards couronnés, tous tournés vers lui.
À Conques, le Jugement dernier oppose les élus, rangés en paix, aux damnés livrés à des démons grimaçants. Les sculpteurs y montrent un humour noir et une imagination sans limite.
À Autun, un sculpteur a fait une chose rare pour l'époque : il a signé. « Gislebertus hoc fecit », Gislebert a fait ceci, peut-on lire sous les pieds du Christ. C'est à lui que l'on attribue aussi l'Ève d'Autun, allongée, chuchotant à l'oreille d'Adam, aujourd'hui au musée Rolin.
Chapiteaux et cloîtres
Dans les cloîtres, chaque chapiteau raconte une histoire. Le cloître de Moissac en compte soixante-seize : scènes de la Bible, vies de saints, animaux fantastiques et feuillages. La figure doit tenir dans le bloc : les corps se plient, s'allongent ou se tassent pour épouser la forme de la pierre.
Les sculpteurs de l'époque romane
La plupart sont restés anonymes. Certains sont pourtant reconnaissables à leur style, comme le Maître de Cabestany, qui a travaillé au XIIe siècle du Roussillon à la Toscane, avec ses visages triangulaires et ses grands yeux en amande. La sculpture romane utilise surtout la pierre, en bas-relief ou en haut-relief, mais aussi le bois : la Majesté de sainte Foy, à Conques, est une statue-reliquaire de bois recouverte d'or et de pierres précieuses.




