Histoire de la sculpture

Histoire de la sculpture

La sculpture de la Renaissance, de Ghiberti à Michel-Ange

La sculpture de la Renaissance commence à Florence, au tout début du XVe siècle, par un concours. En 1401, la ville cherche un artiste pour les portes en bronze de son baptistère. Ghiberti l'emporte sur Brunelleschi. Il y consacrera plus de cinquante ans de sa vie, et ouvrira une époque où l'homme, ses proportions et son mouvement redeviennent le centre de l'art.

Florence et la Porte du Paradis

Pour la seconde porte, achevée en 1452, Ghiberti invente un relief d'un genre nouveau : les personnages du premier plan sont presque en ronde-bosse, ceux du fond à peine effleurés, et la perspective donne une profondeur jamais vue. Michel-Ange l'aurait jugée digne d'être la porte du Paradis.

Porte du Paradis de Lorenzo Ghiberti, sculpture de la Renaissance en bronze doré, 1425-1452, baptistère de Florence
Wikimedia Commons · Yair Haklai, CC BY-SA 4.0

Donatello, le retour du bronze

Donatello renoue avec la grande statuaire antique. À Padoue, son Gattamelata, achevé en 1453, est la première grande statue équestre en bronze depuis l'Antiquité. Le condottiere avance, sûr de lui, comme un empereur romain.

Gattamelata de Donatello, statue équestre en bronze de la Renaissance, 1453, Padoue
Wikimedia Commons · Sailko, CC BY 2.5

Michel-Ange, le marbre vivant

Michel-Ange a 24 ans quand il achève la Pietà, en 1499. La Vierge tient son fils mort sur ses genoux, et la douceur des visages fait oublier qu'il s'agit d'un seul bloc de marbre.

Pietà de Michel-Ange, sculpture de la Renaissance en marbre, 1498-1499, basilique Saint-Pierre de Rome
Wikimedia Commons · Stanislav Traykov, CC BY 2.5

Pour le tombeau du pape Jules II, il sculpte le Moïse et plusieurs captifs. Deux d'entre eux, l'Esclave mourant et l'Esclave rebelle, sont au Louvre. D'autres restent inachevés : les corps semblent lutter pour sortir de la pierre. Ce non finito fascinera Rodin quatre siècles plus tard.

Esclave mourant de Michel-Ange, sculpture de la Renaissance en marbre, vers 1513, musée du Louvre
Wikimedia Commons · Jörg Bittner Unna, CC BY-SA 3.0

Du maniérisme à la Renaissance française

Après Michel-Ange, les sculpteurs cherchent la virtuosité. Le Persée de Benvenuto Cellini, fondu entre 1545 et 1554, brandit la tête de Méduse sur la place de la Seigneurie. Jean de Bologne fait tourner L'Enlèvement des Sabines en spirale : on doit en faire le tour pour la voir en entier.

Persée tenant la tête de Méduse de Benvenuto Cellini, sculpture de la Renaissance en bronze, 1545-1554, Loggia dei Lanzi, Florence
Wikimedia Commons · Rufus46, CC BY-SA 3.0

En France, Jean Goujon sculpte les nymphes de la fontaine des Innocents, à Paris, entre 1547 et 1549, avec des drapés mouillés d'une élégance toute antique. La sculpture de la Renaissance est désormais européenne.