Histoire de la sculpture

Histoire de la sculpture

La sculpture romaine, l'art du portrait et du pouvoir

La sculpture romaine a longtemps souffert d'une réputation de copiste. C'est injuste. Rome a bien copié les Grecs, et heureusement, puisque beaucoup d'originaux ne nous sont parvenus que par ces copies. Mais elle a aussi inventé ce que la Grèce n'avait pas cherché : le portrait vrai, et la sculpture comme récit politique.

Des Étrusques aux bustes de la République

Avant Rome, il y a les Étrusques et leurs bronzes. La Louve du Capitole, longtemps crue étrusque, est aujourd'hui datée par certains chercheurs du Moyen Âge ; les jumeaux Romulus et Rémus ont, eux, été ajoutés à la Renaissance.

Sous la République, les grandes familles conservent les masques de cire de leurs ancêtres. De là naît un portrait sans flatterie : rides profondes, joues creuses, regard sévère. La statue dite Togatus Barberini montre un Romain portant fièrement les bustes de deux aïeux.

Togatus Barberini, sculpture romaine en marbre d'un patricien portant les bustes de ses ancêtres, Ier siècle avant notre ère, Rome
Wikimedia Commons · Carlo Dell'Orto, CC BY-SA 4.0

Auguste et l'Ara Pacis, la sculpture au service de l'Empire

Avec Auguste, la sculpture devient un message d'État. L'Autel de la Paix, l'Ara Pacis, construit entre 13 et 9 avant notre ère, déroule en bas-relief une procession où l'on reconnaît la famille impériale, enfants compris.

Procession de l'Ara Pacis, bas-relief romain en marbre, 13-9 avant notre ère, Rome
Wikimedia Commons · Amphipolis, CC BY-SA 2.0

Des œuvres célèbres de la sculpture romaine

La colonne Trajane, inaugurée en 113, raconte les guerres de Trajan contre les Daces sur une frise en spirale d'environ 200 mètres. Plus de deux mille personnages y construisent des ponts, montent des camps et livrent bataille.

Frise de la colonne Trajane, sculpture romaine en marbre, 113, Rome
Wikimedia Commons · Gary Todd, domaine public

La statue équestre de Marc Aurèle, en bronze, est la seule de cette taille à avoir traversé les siècles. Elle doit sa survie à une erreur : au Moyen Âge, on la croyait à l'effigie de Constantin, le premier empereur chrétien, et personne n'a osé la fondre.

Statue équestre de Marc Aurèle, sculpture romaine en bronze, IIᵉ siècle, musées du Capitole, Rome
Wikimedia Commons · Wilfredor, CC0

Au IVᵉ siècle, le style change encore. La tête colossale de Constantin, haute de plus de deux mètres, fixe le ciel avec des yeux immenses. Le réalisme cède la place à la majesté.

Tête colossale de Constantin, sculpture romaine en marbre, IVᵉ siècle, musées du Capitole, Rome
Wikimedia Commons · Wilfredor, CC0

L'héritage romain

Quand la Renaissance redécouvre l'Antiquité, c'est d'abord la Rome des statues et des ruines qu'elle a sous les yeux. Pour comprendre d'où venait le modèle, lisez notre page sur la sculpture grecque.